Salut internaute,
Décembre 2025. En séance de coaching, un manager me partage : "Je suis crevé. Mais bon, c'est bientôt les vacances. Après ça ira mieux."
Spoiler : ça n'ira pas mieux.
Voici ce qui se passe vraiment :
- Décembre : sprint final. Budget, entretiens annuels, stratégie 2026. Tu es en apnée.
- Vacances : décompression, sommeil en retard, logistique familiale, dépilage de mails entre deux huîtres.
- Janvier : retour au bureau. Pas reposé. Juste un peu moins crevé et déjà stressé par le retard du “non traité”.
Résultat ? Au bout de 48h, tu es à nouveau dans le tunnel. Tu gères l'urgence, tu micro-arbitres, tu “tiens”. Mais au fond, tu sens un désalignement sourd. Tu avances, sans savoir très bien vers quoi.
Le sujet, ce n’est pas “ton énergie”. C’est que tu essaies de régler un problème de saison avec un mauvais levier de changement.
Pour y voir clair, je vais parler de : la Roue de Hudson et le Changement Type 1 / Type 2 et ensuite les mêler.
La Roue de Hudson : ta météo intérieure
La roue de Hudson est un modèle de cycles de vie pro popularisé par Frederic M. Hudson, notamment dans The Adult Years: Mastering the Art of Self-Renewal (1976).
Hudson, c’est une façon simple de regarder ta trajectoire comme un cycle en 4 saisons. Pas pour te coller une étiquette. Pour arrêter de forcer contre le vent.
- Printemps : renouveau. Élan, exploration, lancement.
- Été : rendement. Tu es dans ta puissance, tu consolides, tu récoltes.
- Automne : ça marche encore, mais ça frotte. Doutes, irritations, décalage.
- Hiver : retrait nécessaire. Un cycle se termine. Tri, simplification, réorientation. La suite commence à germer.
Le piège classique : croire que l’hiver est une panne. Non. C’est une transition. Et si tu essaies de vivre un hiver comme un été (en forçant), tu t’épuises.
Type 1 vs Type 2 : améliorer ou transformer ?
Cette distinction issue de l’École de Palo Alto, formulée par Paul Watzlawick, John Weakland, Richard Fisch dans Change: Principles of Problem Formation and Problem Resolution (1974).
Ce modèle répond à une question hyper concrète : est-ce que tu es en train d’améliorer le système… ou de changer les règles du jeu ?
- Changement de Type 1 : tu modifies des choses à l’intérieur du cadre.
Même destination, mêmes règles, même définition du succès.
Exemples : optimiser ton agenda, déléguer plus, changer la fréquence des réunions, ajouter un process, mieux prioriser. - Changement de Type 2 : tu changes le cadre lui-même.
Tu touches au cap, aux critères de décision, à la gouvernance, à ton rôle, aux non-négociables.
Exemples : redéfinir ce que “réussir” veut dire, arrêter un sujet pourtant rentable mais dévorant, changer qui décide quoi, poser un arbitrage que tu évites.
Le test simple :
- Type 1 : “On fait pareil, mais mieux.”
- Type 2 : “On change ce qu’on appelle ‘pareil’.”
Le mix (la vraie valeur) : Hudson te dit “où”, Type 1/2 te dit “comment”
En printemps/été, le Type 1 est souvent ton meilleur allié : tu structures, tu optimises, ça paye.
En automne, le Type 1 commence à plafonner : tu peux ajuster, mais tu as intérêt à écouter les signaux faibles (ce qui frotte, ce qui te vide, ce qui n’a plus de sens).
Et en hiver, ton système réclame très souvent du Type 2.
C’est là que beaucoup de dirigeants se coincent : ils essaient de soigner l’hiver avec du Type 1.
Traduction terrain : tu te dis “je vais mieux m’organiser” (Type 1) alors que le vrai sujet ressemble plutôt à “où est-ce qu’on va, et qu’est-ce qu’on arrête ?” (Type 2).
Et c’est pour ça que les vacances ne suffisent pas : elles reposent le corps, mais elles ne changent pas le cadre. Tu reviens, et tu te rebranches sur la même logique qui t’a vidé.
3 actions terrain pour sortir du tunnel (cette semaine)
- Nomme ta saison Hudson (10 minutes, seul)
- “Aujourd’hui, je me sens en : printemps / été / automne / hiver”
- “Mon signal principal : ____”
- “Le coût actuel : ____”
- Repère ton Type 1 automatique (15 minutes)
Complète : “Quand je vais mal / quand je perds le cap, je compense en… ____”
(souvent : contrôle, opérationnel, sur-présence, micro-validation) - Pose UN acte Type 2 (45 minutes)
Choisis une règle du jeu à changer, pas un plan à 12 mois.
Exemples :
- “Le Codir ne traite plus des sujets sans décision attendue claire et avec un.e garant.e.”
- “Mon agenda n’absorbe plus l’opérationnel récurrent : je le rends au système.”
- “Je change mes critères de priorité : si ce n’est pas cap / risque majeur / décision structurante, ça attend.” (et tu peux utiliser la matrice d'Eisenhower aussi pour faire ça)
2 phrases prêtes à dire
- À toi-même : « Je ne suis pas “juste fatigué”. Je traite un sujet de cadre comme un sujet d’organisation. »
- À ton Codir : « On optimise le fonctionnement (Type 1) alors que le sujet, c’est le cap et les règles de décision (Type 2). Il est nécessaire que nosu le remettion au centre. »
Exemple de phrase pour savoir si :“Je suis en hiver (Hudson) et je m’acharne en Type 1”
- Je reviens de vacances et je suis déjà rincé.e
- Je me sens désaligné.e sans réussir à l’expliquer
- Je me réfugie dans l’opérationnel pour éviter le flou stratégique
- J’optimise des process qui ne m’enthousiasment plus et je perd du plaisir
- Je repousse une décision qui “va faire du bruit” depuis des mois
- Je tiens mon rôle plus que je ne l’habite
Si tu coches 3 cases : ton sujet ressemble moins à de la productivité qu’à un changement de cadre.
La question qui pique (juste ce qu’il faut)
Qu’est-ce que tu continues à faire “par habitude”… alors que tu sens que le cycle est terminé ?
Si tu es dans ce tunnel et que tu veux retrouver de la clarté avant que ton corps ou ton organisation ne tranche à ta place, rencontrons-nous. On identifie ta saison Hudson, on repère où tu t’épuises en Type 1, et on choisit un acte Type 2 concret qui te redonne de l’air.
Et toi internaute : tu as tendance à changer les meubles (Type 1)… ou tu sens que tu es en train de changer de pièce (Type 2) ?
J'espère que cet article t'aura été utile. Et si tu veux me contacter, j'adore parler de ces sujets alors n'hésite pas !