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Atelier : une équipe robuste

25 mai 2026

Salut internaute,

Je t'avais promis un atelier pour travailler sur la robustesse de l'équipe. Le voici le voilà !

L'objectif de l'atelier est que les équipes visualisent leur robustessen, à quoi elle doivent prêter attention (ou pas) et quelles actions elles vont prendre suite à cet compréhension. Cet atelier est donc visuel,manuel et projectif.

Parce que comprendre avec la tête, c'est bien. Comprendre avec le corps, c'est transformationnel.

A la fin de l'article, je te donne le matériel utilisé pour une équipe de 14 personnes.

Le point de départ : une question qui dérange

"La performance, c'est courir vite quand la piste est belle. La robustesse, c'est continuer à avancer quand la piste s'effondre. La résilience veut revenir à ce qui était. La robustesse, elle, n'a pas cette nostalgie : elle vit dans le présent et tient dans un futur qu'elle ne contrôle pas."

Une seule question, posée à voix haute, dans le silence : "C'est quoi pour vous une équipe robuste ? Concrètement. " Notez les réponses au paper board. Sans commentaire. Sans jugement. En reformulant si nécessaire.

Ce qui apparaît là, c'est déjà un premier diagnostic.

Ensuite leur partager les six piliers de la robustesse et sur quelle théorie ils s'appuient.

Les 6 piliers : donner un langage commun sans faire un cours :

  • "Dire le vrai même quand c'est inconfortable."Sécurité Psychologique (Amy Edmondson, Harvard)
  • "Ne dépendre de personne au point de fragiliser le système."Maillage de Compétences (Nassim Taleb, Antifragilité)
  • "Apprendre plus vite que les problèmes n'apparaissent."Apprentissage en Continu + droit à l'erreur (Weick & Sutcliffe, HRO)
  • "Savoir quoi lâcher quand tout s'accélère."Arbitrage sous Tension (Weick & Sutcliffe)
  • "Réparer le lien avant qu'il ne casse."Qualité de Réparation (Virginia Satir / Marshall Rosenberg)
  • "Savoir pourquoi on tient, même quand c'est dur."Ancrage du Sens (Viktor Frankl, logothérapie)

Six piliers. Six couleurs. Six sachets de sable.

Le format utilisé ici est le 2,4 all pour pouvoir converger plus facilement.

Chaque sous-équipe (ou équipe en fonction du nombre) reçoit un fiche recette et doit réfléchir sur l'intention d'être une équipe robuste et quelle recette conviendrait pour être cette équipe robuste.

Une fois l'élaboration faite, mise en commun pour s'aligner sur une seule et unique fiche recette pour remplir le bocal.

Au moment du remplissage du bocal, rappelez que l'ordre s'appuie sur les priorités : la base = ce sur quoi ils s'appuient et le milieu = la stabilité de l'équipe, le haut = ce qui est rendu visible.

La consigne : "Versez dans l'ordre de vos priorités réelles.Celles que vous vivez." Parce que l'ordre de versement crée les couches.

  • "Nous avons mis [tel pilier] au fond car..."
  • "Nous avons laissé [tel pilier] sur la table car..." --> c'est leur angle mort assumé
  • "Notre recette actuelle est optimisée pour..."

La secousse : là où tout devient réelle

Une fois le bocal rempli, prenez le en main, rappelez qu'ils viennent de rendre visuelle ce que devrait être leur équipe robuste et secouez fort le bocal en expliquant que le changement est constant et qu'il est nécessaire de s'y adapter.

Et là, trois choses se produisent toujours :

Ce qui remonte : une couleur prend le dessus. Souvent celle qu'ils n'avaient pas prévue.

Ce qui se dilue : un pilier disparaît dans le mélange. Souvent celui qu'ils avaient mis en surface, celui qu'ils pensaient protéger.

Ce qui manquait : le sachet laissé hors du bocal commence à peser.

Le débrief se fait en "douce confrontation". Pas pour blesser. Pour voir.

"Regardez le bocal. Quelle couleur a mangé les autres ? Est-ce que c'est celle qui vous sauve ou celle qui vous aveugle ?"

"Le pilier que vous aviez mis en surface a disparu. Dans la vraie vie, quand la pression monte, est-ce vraiment la première chose que vous sacrifiez ?"

"Vous avez laissé [tel pilier] hors du bocal. Si la crise dure, comment ce manque va-t-il vivre ?"

"Quelle conversation évitez-vous d'avoir en regardant ce mélange de couleurs ?"

Cette dernière question, je la pose toujours en dernier. Et je laisse le silence faire son travail.

L'atterrissage : un engagement, un premier acte

Un atelier sans atterrissage, c'est une émotion sans ancrage. Ça passe. Ça ne transforme pas.

Après la secousse, chaque participant remplit une fiche d'analyse :

  • Ce que j'ai vu que je ne voulais pas voir.
  • Ce que je veux protéger différemment.
  • Le premier acte concret que je pose cette semaine : nommé, daté, assumé.
  • Pas une liste de bonnes intentions. Une action. Un seule. Nommée.

et à nouveau l'équipe convergera en format 2,4 all.

Ce que le sable dit que les mots (parfois) taisent

J'aurais pu faire cet atelier avec des tableaux, des scores, des radars de maturité.

J'ai choisi le sable parce que le sable parce que c'est vivant.

Il révèle l'ordre réel des priorités. Il montre ce qui résiste et ce qui se dilue. Il rend visible ce que les équipes savent déjà mais n'ont jamais osé nommer ensemble.

Et parfois, voir suffit à tout changer.

Ce qu'il vous faut pour reproduire cet atelier

Matériel (pour une équipe de 6 à 12 personnes) :

  • 6 sachets de sable coloré par sous-groupe (bleu, jaune, vert, rouge, violet, orange)
  • 2 bocaux en verre par sous-groupe (format conserve, transparent)
  • 1 fiche de recette par participant (à préparer avant la secousse)
  • 1 fiche d'analyse par participant (à remplir après la secousse)
  • 1 paperboard ou tableau blanc pour le partage flash initial

Durée : 2h à 3h00 selon la profondeur du débrief

Taille idéale : 6 à 15 personnes, en sous-groupes de 3 à 5 max.

Alors internaute, si tu devais secouer ton équipe aujourd'hui, quelle couleur penses-tu voir en premier ?

Envie de vivre cet atelier avec ton équipe ? Écris-moi.