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Coaching : L'approche Narrative

L'histoire de l'approche

Bonjour internaute,

Aujourd'hui je vais vous parler d'une approche que j'utilise beaucoup en coaching. Dans mon précédent article j'explique comment j'en suis venue à choisir cette approche. Dans cet article, je vais m'essayer à expliquer un peu plus ce qu'est cette approche et en quoi il peut être intéressant de l'utiliser.

L'approche narrative a été crée par Michael White (thérapeute australien) et David Epston (thérapeute néo-zélandais). Pratiquée dans les année 1980, elle a été publiquement connue avec dans les années 90 par la publication de leur livre Narrative Means to Therapuetics Ends.

 

Les principes fondamentaux :

Ils y décrivent les objectifs de la thérapie narrative selon les principes suivants :

  •  le client décrit le problème/son scénario 
  •  le client est encouragé à adopter des perspectives alternatives à travers la déconstruction des récits actuels
  •  le thérapeute aide le client à créer des récits plus utiles et plus satisfaisants                                             

En France, elle date de 2004 avec Isabelle Laplante et Nicolas De Ber qui ont invité M.White dans leur structure Mediat Coaching.

C’est une pratique engagée, initiée pour accompagner des minorités et restaurer des identités abîmées.

Elle a notamment été mise à l’épreuve lorsque M. White est intervenu auprès de populations aborigènes, ces derniers ayant tout perdu à cause d’un double génocide.

Sa démarche a été la suivante : demander si dans leur civilisation ou culture vieille de 50 000 ans ils ne pouvaient pas trouver des solutions eux-mêmes. Il s’est mis dans une posture de coach : l’autre est l’expert. C’est l’autre qui en parlant de ce qu’il vit va trouver les réponses, ses réponses.

Voici quelques postulats des pratiques narratives :

• L’identité narrative est une identité relationnelle.

• Quand une personne vient voir un spécialiste, elle a déjà tenté des tas de choses pour diminuer l’influence du problème sur sa vie et sur ses relations.

• « Le problème est le problème ; la personne est la personne ». La personne n’est pas le problème. Le problème doit être séparé de la personne. Il n’est pas le reflet exact de son identité.

• Personne ne choisit d’avoir des problèmes : le problème apparaît comme une contrainte.

• Le contexte de vie de la personne, son entourage, contribuent de façon significative à la vie du problème, même involontairement.

• Chacun peut re-devenir l’auteur de sa vie.

• Un des points forts les plus importants de l’approche narrative est de savoir guider la personne dans la recherche et la reconnexion avec ses ressources cachées. Le coach fait confiance à son coaché.

La posture du coach :

Pour rendre cette approche concrète, la posture du coach est essentielle. Elle doit être “décentrée et influente”. On ne parle plus de posture haute ou basse. Cette posture est liée significativement à cette approche. C’est une posture double. Une double écoute.

Décentrée :

  • c’est le coaché qui est au coeur de l’histoire. Le coach doit libérer le savoir.

  • Si le coaché se plaint de ce qu’il vit c’est qu’il a les ressources nécessaires pour savoir ce qui est mieux. C’est “l’expert de sa vie” nous adoptons alors une posture de curiosité, comme un journaliste sans préjugé ou idée préconçue. L’accompagnant abandonne son savoir au bénéfice du coaché et se protège de toute interprétation.

  • le coach doit développer une double écoute : être attentif à l’histoire du coaché mais également d'entendre tous les à côtés : hésitation , voix, gestes, silence, histoire où le problème est absent, histoire où le coaché est en recul…

C’est donc deux histoires qui se passent en même temps qui doivent être écoutées. Epston parle d’écoute engagée “on peut écouter pour juste recueillir de l’information, et c’est une écoute plutôt passive. Ou, bien on peut écouter pour une autre histoire”.

Cela demande donc d’être présent et d’avoir tous ses sens en activité afin de ne pas louper un ressenti, un mot… La caisse de résonance du coach est tendue et à l'affût du moindre signal.

Influente :

  • posture qui permet de construire grâce aux questions une histoire riche en dehors du problème et plus en accord avec ses intentions. Par de nombreuses questions, le client va raconter et/ou revivre des moments vécus, d’autres expériences, être dans l’action là où il ne subit pas.

  • L'accompagnant aide son client à aller sur des territoires qu’il oublie ou a délaissé car submergé par son problème. C’est comme si le héros restait dans une seule pièce du château et n’explorait pas les autres possibilités qui s’offrent à lui. La maison est une métaphore de la vie : on peut habiter pleinement sa vie et toutes les pièces du château.

Cette double posture amène le coaché à imaginer, à trouver d’autres possibilités de réponse à son problème. Il peut regarder avec recul et/ou personnifier son problème s’il le souhaite. Le coach, par sa double écoute et ses questions ouvertes amène le coaché à se détacher suffisamment pour faire émerger de nouveaux chemins. Il cible ses questions autant que possible dans le but de faire cheminer son coaché sans négliger les différentes options qui s’offrent à lui.

Prise de note :

La prise de note peut être difficile dans cette méthode.

Stephan Madigan (1er élève de White et Epston) avait pour habitude de prendre des notes sur une feuille séparée en deux dans le sens de la longueur : à gauche l’histoire entendue et à droite l’histoire perçue. Plus les éléments sont nombreux dans la colonne de droite plus il va être intéressant de poser des questions sur ces éléments afin de permettre à la personne accompagnée de pouvoir sortir du sentier de son problème.

Le coach l’amène donc à se décentrer, à prendre de la hauteur sur le problème dans lequel il est enlisé afin de trouver plusieurs passerelles lui permettant d’avancer.

Conclusion :

Voilà un très bref résumé internaute. Encore une fois, ce qui me semble fabuleux dans cette approche, c'est de faire prendre conscience à son coaché qu'il n'est pas le problème et surtout lui laisser la possibilité d'écrire son histoire et/ou les différentes alternatives qui lui conviennent, au delà des "réalités" sociales. En tant qu'expert de sa vie, le coaché est à même de créer librement une autre histoire qui lui convient mieux.

C'est donc une invitation à dissocier l'identité de la personne et celle de l'histoire qui véhicule le problème afin qu'elle explore de nouveaux territoires en la reconnectant à ses aspirations profondes .

Si ça t'a plus internaute ou même suscité ta curiosité, n'hésite pas à me contacter pour ou à creuser cette approche avec les livres suivants :

Cartes des Pratiques Narratives : Michael White, Ed. Satas 2009
Les moyens narratifs au service de la thérapie : Michael White, David Epston, Ed Satas 2003
Qu'est-ce que l'approche narrative ? : Alice Morgan, Editions Hermann/L’Entrepôt 2010
Comprendre et pratiquer l'approche narrative, ouvrage collectif coordonné par Pierre Blanc-Sahnoun et Béatrice Dameron, avec un texte inédit en français de Michael White, InterÉditions-Dunod, 2009
 

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