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Le conflit n'est pas toujours un désaccord mais parfois un mauvais canal de communication

Ou la rencontre de PCM et TKI

3 juin 2026

Salut internaute,

Il y a une scène que je vois partout — en Codir comme en équipes.

Deux personnes parlent “du même sujet”.
Mais elles ne parlent pas dans le même monde.L’une veut trancher.
L’autre veut préserver le lien.
Une troisième veut “des faits”.
Et une quatrième… a déjà quitté la pièce, intérieurement.

On appelle ça un conflit.
Moi j’appelle souvent ça : un problème de canal + un problème de stratégie.

Le Thomas‑Kilmann (TKI) et la Process Communication (PCM) sont deux grilles très différentes… et c’est précisément ce qui les rend complémentaires.

  • TKI te dit comment quelqu’un gère le conflit (stratégie observable).
  • PCM te dit pourquoi il bascule ainsi (besoin psychologique, canal de communication, séquence de stress).

Je te propose une boussole simple : avant de négocier la solution, réouvre l’accès.
Sinon tu discutes avec une personne qui se défend, pas avec une personne qui pense.

TKI en 15 secondes (pour poser le décor)

TKI décrit 5 modes de gestion de conflit selon deux axes : assertivité (je défends mon point) et coopération (je prends en compte l’autre) :

  • Compétition
  • Accommodation
  • Évitement
  • Compromis
  • Collaboration

Aucun mode n’est “bon” en soi.
Ce qui est problématique, c’est le mode automatique, surtout sous stress.

PCM en 15 secondes (ce qui change tout)

PCM met le doigt sur l’endroit exact où ça casse :
quand un besoin n’est plus nourri, la personne descend en stress et perd sa souplesse.

Et là, tu peux proposer la plus belle “collaboration” du monde : elle n’atterrira pas.

Donc le pont :

PCM sert à réparer l’accès. TKI sert à choisir la stratégie.

Le tableau promis : types PCM → préférence TKI → comportement typique → Action corrective

Je te propose un micro-protocole qui marche étonnamment bien :

1) Repère le mode TKI en cours

Pas besoin de tests, juste une observation honnête :

  • On pousse ? (Compétition)
  • On cède ? (Accommodation)
  • On disparaît ? (Évitement)
  • On marchande ? (Compromis)
  • On cherche ensemble ? (Collaboration)

2) Répare l’accès PCM (la porte d’entrée)

Une seule question intérieure “De quoi cette personne a besoin maintenant pour redevenir accessible ?”

Ensuite, tu adaptes ton canal de communication ( au sens process com du terme):

  • structure / faits (Travaillomane),
  • reconnaissance / chaleur (Empathique),
  • considération de l’opinion (Persévérant),
  • deal / enjeu / challenge (Promoteur),
  • ludique / spontanéité (Rebelle),
  • temps / consigne simple (Rêveur).

3) Reviens à la stratégie (TKI) – mais choisie !

Quand l’accès est réparé, tu peux dire : "Ok. Maintenant je choisis de collaborer ? de trancher ? de reporter ?”

C’est là que les trois phrases “pivot” peuvent tout changer :

Quand ça pousse trop (Compétition) :
“Je t’entends. Avant de trancher : qu’est-ce qu’on cherche à protéger ?”

Quand ça cède trop (Accommodation) :
“Je préfère un non clair à un oui qui s’abîme. Qu’est-ce que tu veux vraiment ?”

Quand ça disparaît (Évitement) :
“On fait simple : un fait, un besoin, une proposition. Puis on respire.”

Ce que ce pont change ici c'est que tu ne prneds plus le conflit comme un duel d'argument ou une critique. Tu traites le système en étant doux avec les personnes et dur avec les process. et c'est là que le “fond” devient traitable en quelques minutes…car le canal de communication redevient humain.

Une question pour toi : sur le conflit qui t’occupe en ce moment, quel est le vrai problème…le contenu ? ou l’accès ?

À bientôt, internaute.

Sources (repères)

Thomas & Kilmann : modèle des 5 modes de gestion de conflit (axes assertivité / coopération), diffusé via le Thomas‑Kilmann Conflict Mode Instrument (TKI).

Taibi Kahler : Process Communication Model (PCM) : types, canaux de communication, besoins psychologiques, séquences de stress (Kahler Communications).

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